03 mai 2006

Je voudrais sans la nommer...

"Sans la nommer" est une chanson écrite, composée et interprétée par Georges Moustaki.

Elle fut par la suite reprise par de nombreux artistes dont la Compagnie Jolie Môme.

Pour la télécharger cliquez sur l'image de gauche !!

 

Je voudrais, sans la nommer,
Vous parler d'elle
Comme d'une bien-aimée,
D'une infidèle,
Une fille bien vivante
Qui se réveille
A des lendemains qui chantent
Sous le soleil.

C'est elle que l'on matraque,
Que l'on poursuit que l'on traque.
C'est elle qui se soulève,
Qui souffre et se met en grève.
C'est elle qu'on emprisonne,
Qu'on trahit qu'on abandonne,
Qui nous donne envie de vivre,
Qui donne envie de la suivre
Jusqu'au bout, jusqu'au bout.

Je voudrais, sans la nommer,
Lui rendre hommage,
Jolie fleur du mois de mai
Ou fruit sauvage,
Une plante bien plantée
Sur ses deux jambes
Et qui traîne en liberté
Ou bon lui semble.

C'est elle que l'on matraque,
Que l'on poursuit que l'on traque.
C'est elle qui se soulève,
Qui souffre et se met en grève.
C'est elle qu'on emprisonne,
Qu'on trahit qu'on abandonne,
Qui nous donne envie de vivre,
Qui donne envie de la suivre
Jusqu'au bout, jusqu'au bout.

Je voudrais, sans la nommer,
Vous parler d'elle.
Bien-aimée ou mal aimée,
Elle est fidèle
Et si vous voulez
Que je vous la présente,
On l'appelle
Révolution permanente.

C'est elle que l'on matraque,
Que l'on poursuit que l'on traque.
C'est elle qui se soulève,
Qui souffre et se met en grève.
C'est elle qu'on emprisonne,
Qu'on trahit qu'on abandonne,
Qui nous donne envie de vivre,
Qui donne envie de la suivre
Jusqu'au bout, jusqu'au bout.

C'est elle que l'on matraque,
Que l'on poursuit que l'on traque.
C'est elle qui se soulève,
Qui souffre et se met en grève.
C'est elle qu'on emprisonne,
Qu'on trahit qu'on abandonne,
Qui nous donne envie de vivre,
Qui donne envie de la suivre
Jusqu'au bout, jusqu'au bout.
Jusqu'au bout, jusqu'au bout.
Jusqu'au bout, jusqu'au bout.

19 mars 2006

La révolution en chansons...

Profitant de l'effervescence populaire qui anime nos rues je met à votre disposition quelques uns des grands hymnes de l'histoire des luttes ouvrières et révolutionnaires :

- pour commencer j'ai enfin trouver la chanson du Déserteur de Boris Vian qui complète mon article du 27 février 2005 ! A ré-entendre absolument ici !!!

- avec la mobilisation de la jeunesse française La Jeune Garde me semble totalement appropriée ! Pour l'entendre cliquez ici !!!

- pour finir je tiens à corriger un manquement inadmissible du site : l'absence de l'Internationale !

L'internationale est l'hymne de la classe ouvrière ! Ecrite par Eugène Pottier en 1871 suite aux répressions de la Commune de Paris, sa musique fut composée par Pierre de Geyter en 1888. Traduite dans de très nombreuses langues elle fut l'hymne national de l'URSS jusqu'en 1944 et reste toujours l'hymne de la majorité des organisations socialistes de tendance marxiste ou communiste ainsi que le signe de ralliement des opprimés !

Voici pour commencer la version française (pour écouter les musiques cliquez sur les titres) :

L'Internationale (en français) :

Debout les damnés de la terre
Debout les forçats de la faim
La raison tonne en son cratère
C’est l’éruption de la fin

Du passé, faisons table rase
Foule esclave debout debout
Le monde va changer de base
Nous ne sommes rien soyons tout

REFRAIN
C’est la lutte finale
Groupons-nous et demain
L’internationale
Sera le genre humain

Il n’est pas de sauveurs suprêmes
Ni Dieu ni César ni tribun
Producteurs sauvons-nous nous-mêmes!

Décrétons le salut commun
Pour que le voleur rende gorge
Pour tirer l’esprit du cachot
Soufflons nous-mêmes notre forge
Battons le fer quand il est chaud

L'état comprime la loi triche
L'impôt saigne le malheureux
Nul devoir ne s'impose aux riches
Le droit du pauvre est un mot creux
C'est t'assez languir en tutelle
L'égalité veut d'autres lois
Pas de droits sans devoirs dit-elle
Egaux pas de devoirs sans droit

Les rois nous saoulaient de fumées
Paix entre nous guerre aux tyrans
Appliquons la grève aux armées
Crosse en l'air et rompons les rangs
S'ils s'obstinent ces cannibales
Á faire de nous des héros
ils sauront bientôt que nos balles
Seront nos propres généraux

Ouvriers paysans, nous sommes
Le grand Parti des travailleurs
La terre n’appartient qu’aux hommes

L’oisif ira loger ailleurs
Combien de nos chairs se repaissent
Mais si les corbeaux les vautours
Un de ces matins disparaissent
Le soleil brillera toujours

Vous pouvez également cliquez sur ce lien pour découvrir différentes versions de l'Internationale nottament celle en Russe, Hébreu, Turque, Allemand, Anglais ou Espagnol ;) !

A vos écouteurs ici !!!

 

PS : Un commentaire ? Une question ? Des liens à faire partager ? Venez sur le FORUM du site en cliquant ici !!!

28 juin 2005

Potemkine de Jean Ferrat


A la suite de l'article sur le soulèvement des marins du cuirassé russe Potemkine (article ci dessous) et afin de fêter le centième anniversaire de cet évènement révolutionnaire je vous propose de (re)découvrir la chanson de Jean Ferrat (chanteur de l'idéal communiste), Potemkine.
Oeuvre emprunte d'un romantisme et d'une exaltation qui nous submerge, Potemkine grave au firmament de la conscience collective l'une des "légende" de la lutte prolétarienne !

M'en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un monde
Qui chante au fond de moi au bruit de l'océan
M'en voudrez-vous beaucoup si la révolte gronde
Dans ce nom que je dis au vent des quatre vents

Ma mémoire chante en sourdine
Potemkine

Ils étaient des marins durs à la discipline
Ils étaient des marins, ils étaient des guerriers
Et le cœur d'un marin au grand vent se burine
Ils étaient des marins sur un grand cuirassé

Sur les flots je t'imagine
Potemkine

M'en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un monde
Où celui qui a faim va être fusillé
Le crime se prépare et la mer est profonde
Que face aux révoltés montent les fusiliers

C'est mon frère qu'on assassine
Potemkine

Mon frère, mon ami, mon fils, mon camarade
Tu ne tireras pas sur qui souffre et se plaint
Mon frère, mon ami, je te fais notre alcade
Marin ne tire pas sur un autre marin

Ils tournèrent leurs carabines
Potemkine

M'en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un monde
Où l'on punit ainsi qui veut donner la mort
M'en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un monde
Où l'on n'est pas toujours du côté du plus fort

Ce soir j'aime la marine
Potemkine


Paroles: Georges Coulonges. Musique: Jean Ferrat 1965 "Jean Ferrat - Vol. 2 (1999)"

21 juin 2005

"Le Triomphe de l'anarchie" de René Binamé


Tu veux bâtir des cités idéales,
Détruis d'abord les monstruosités.
Gouvernements, casernes, cathédrales,
Qui sont pour nous autant d'absurdités.
Sans plus attendre, gagnons le communisme
Ne nous groupons que par affinités
Notre bonheur naîtra de l'altruisme
Que nos désirs soient des réalités


refrain
Debout, debout, compagnons de misère
L'heure est venue, il faut nous révolter
Que le sang coule, et rougisse la terre
Mais que ce soit pour notre liberté


C'est reculer que d'être stationnaire
On le devient de trop philosopher
Debout, debout, vieux révolutionnaire
Et l'anarchie enfin va triompher
Empare-toi maintenant de l'usine
Du capital, deviens le fossoyeur
Ta vie vaut mieux que d'être une machine
Tout est à tous, rien n'est à l'exploiteur


Sans préjugé, suis les lois de nature
Et ne produis que par nécessité
Travail facile, ou besogne très dure
N'ont de valeur qu'en leur utilité


refrain

On rêve amour au-delà des frontières
On rêve amour aussi de ton côté
On rêve amour dans les nations entières
L'erreur fait place à la réalité
Oui, la patrie est une baliverne
Un sentiment doublé de lâcheté
Ne deviens pas de la viande à caserne
Jeune conscrit, mieux te vaut déserter


refrain

Que la nitro, comme la dynamite
Soit là pendant qu'on discute raison
S'il est besoin, renversons la marmite
Et de nos maux, hâtons la guérison
Place pour tous au banquet de la vie
Notre appétit seul peut se limiter
Que pour chacun, la table soit servie
Le ventre plein, l'homme peut discuter


refrain

Pour écouter Le Triomphe de l'anarchie de René Binamé cliquer ici !!!

02 juin 2005

Hasta siempre ...


Comme on me l'a demandé il y a quelques mois je met en ligne les paroles de la chanson du Che : Hasta Siempre.
Cette chanson traditionnelle Cubaine, au rythme très latino, dont le titre évoque l'une des phrases mythique du Che "Hasta la victoria siempre" (Toujours jusqu'à la victoire) est devenue le symbole de la lutte révolutionnaire à travers le Monde.

Je remercie "contre" pour le lien vers la musique.

Cliquez ici pour écouter la chanson !!!

Paroles

Aprendemos a querer te
Desde la històrica altura
Donde el sol de tu bravura
Le puso un cerco a la muerte

Aquì se queda la clara
La entrañable transparencia
De tu querida presencia
Comandante Che Guevara

Vienes quemando la brisa
Con soles de primavera
Para planta la bandera
Con la luz de tu sonrisa


Refrain


Tu amor revolucionario
Te conduce a nueva empresa
Donde esperan la firmeza
De tu brazo libertario


Refrain

Seguirimos a delante
Como junto a ti seguimos

Y como Fidel te decimos :
"¡ Hasta Siempre Commandante !"


Refrain


Traduction

On a appris à t'aimer
Depuis la nuit des temps
Où le soleil de ta bravoure
A assiégé la mort

Ici demeure la claire,
La tendre transparence
De ta chère présence
Commandant Che Guevara

Tu viens brûlant la brise
Avec les soleils de printemps
Pour planter le drapeau
Avec la lumière de ton sourire

Refrain

Ton amour révolutionnaire
Te conduit à une nouvelle entreprise
Où l'on attend la fermeté
De ton bras libérateur


Refrain

Nous continuerons au devant
Comme avant, nous continuerons
Et comme Fidel, nous te dirons :
"A jamais Commandant"


Refrain

30 mai 2005

Le mouton noir ...


Comme disait si bien notre Chirac national : "si le Non l'emporte, la France sera le mouton noir de l'Europe" !
Nous sommes donc aujourd'hui le mouton noir de l'Europe mais comme la si jolliment chanté la Compagnie Jolie Mome, notre situation n'est elle pas plus enviable que celle du mouton blanc ?

Je vous propose d'écouter cette chanson du mouton noir :


Pour écouter la chanson cliquer sur l'image

Les Paroles :

C'était une fois dans le pays
Parmi les champs et les prairies
Un beau troupeau de moutons blancs
Dans les prés paissait insouciant
Au milieu du troupeau qui bêle
Un mouton noir se rebelle
"On me tond la laine sur le dos
J'ai plus que la peau sur les os
On veut faire de moi un méchoui
Faudrait encore que je dise "oui"
Le mouton noir a bien compris
Que les loups faisaient les gentils
Avec l'espoir quand vient la nuit
De brader par bout la bergerie
Au milieu du troupeau qui bêle
Le mouton noir se rebelle
Le mouton noir a bien compris :
L'homme est un loup pour le mouton
Et quand soudain le mouton grogne
Les loups s'affolent pour un "non"
"Le seigneur n'est pas mon berger
Je n' suis le mouton de personne "
Le mouton noir a décidé
D'ignorer le clairon qui sonne
Au milieu du troupeau qui bêle
Le mouton noir se rebelle
Le mouton noir n'est pas gentil
Il en a marre de dire "Amen"
Aux chiens de garde,
Sur toutes les chaînes,
Le mouton noir ne dit pas oui
Le mouton noir enfin voit rouge
Se dit que tout seul, rien ne bouge
Qu'il faut au moins tout un troupeau
pour faire du loup un bon gigot
Qu'il faut au moins tout un troupeau
Pour faire du loup un bon gigot
Moralité :
A prendre les gens pour des moutons
On se prend des retours de bâtons
A prendre les gens pour des moutons
On se prend des retours de bâtons
(Jacques Chirac :) Ecoutez ,sans
vouloir dramatiser, si le "non"
l'emporte, nous deviendrons le mouton noir de l'Europe


* Choup Cha Choubidou Ouaha
* Choup Cha Choubidou Ouaha


"N'ayez pas peur mes agneaux"
"pour une concurrence non faussée"


* ...Alléluia !


"Moutons de toutes les prairies, unissons-nous !"
"L'émancipation des moutons sera l'oeuvre des moutons eux-mêmes !"
"El troupeau unido jamas sera vencido !"

14 avril 2005

Ma France


Paroles et Musique: Jean Ferrat 1969 "Jean Ferrat - Vol.1 (1999)"

De plaines en forêts de vallons en collines
Du printemps qui va naître à tes mortes saisons
De ce que j'ai vécu à ce que j'imagine
Je n'en finirai pas d'écrire ta chanson
Ma France

Au grand soleil d'été qui courbe la Provence
Des genêts de Bretagne aux bruyères d'Ardèche
Quelque chose dans l'air a cette transparence
Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche
Ma France

Cet air de liberté au-delà des frontières
Aux peuples étrangers qui donnaient le vertige
Et dont vous usurpez aujourd'hui le prestige
Elle répond toujours du nom de Robespierre
Ma France

Celle du vieil Hugo tonnant de son exil
Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines
Celle qui construisit de ses mains vos usines
Celle dont monsieur Thiers a dit qu'on la fusille
Ma France

Picasso tient le monde au bout de sa palette
Des lèvres d'Éluard s'envolent des colombes
Ils n'en finissent pas tes artistes prophètes
De dire qu'il est temps que le malheur succombe
Ma France

Leurs voix se multiplient à n'en plus faire qu'une
Celle qui paie toujours vos crimes vos erreurs
En remplissant l'histoire et ses fosses communes
Que je chante à jamais celle des travailleurs
Ma France

Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches
Pour la lutte obstiné de ce temps quotidien
Du journal que l'on vend le matin d'un dimanche
A l'affiche qu'on colle au mur du lendemain
Ma France

Qu'elle monte des mines descende des collines
Celle qui chante en moi la belle la rebelle
Elle tient l'avenir, serré dans ses mains fines
Celle de trente-six à soixante-huit chandelles
Ma France

30 mars 2005

Je vous souhaite tout le bonheur du monde ...


Un peu de poésie et de bonne humeur avec Sinsémilia et leur "Tout le bonheur du monde"...
Cette chanson est l'une que j'écoute le plus en ce moment ! Vive Sinsé ;) !
Excusez moi pour le peu de nouvelle mais je suis un peu débordé ! Sa va venir ;) ...

{Refrain:}
On vous souhaite tout le bonheur du monde
Et que quelqu'un vous tende la main
Que votre chemin évite les bombes
Qu'il mène vers de calmes jardins.

On vous souhaite tout le bonheur du monde
Pour aujourd'hui comme pour demain
Que votre soleil éclaircisse l'ombre
Qu'il brille d'amour au quotidien.

Puisque l'avenir vous appartient
Puisqu'on n'contrôle pas votre destin
Que votre envol est pour demain
Comme tout c'qu'on a à vous offrir
Ne saurait toujours vous suffir
Dans cette liberté à venir
Puisque on sera pas toujours là
Comme on le fut aux premiers pas.

{au Refrain}

Toute une vie s'offre devant vous
Tant de rêves a vivre jusqu'au bout
Surement plein de joie au rendez-vous
Libre de faire vos propres choix
De choisir qu'elle sera votre voie
Et où celle-ci vous emmenera
J'espère juste que vous prendrez le temps
De profiter de chaque instant.

{au Refrain}

Ché pas quel monde on vous laissera
On fait d'notre mieux, seulement parfois,
J'ose espérer que c'la suffira
Pas à sauver votre insoucience
Mais à apaiser notre conscience
Aurais-je le droit de vous faire confiance...

{au Refrain}

27 février 2005

Dernier hommage à Pierre Bachelet


C'est avec un peu de retard que je rend hommage au chanteur Pierre Bachelet décédé mardi 15 février à son domicile de Suresnes (Hauts-de-Seine), des suites d'une longue maladie, à l'âge de 60 ans.

Poète d'une autre génération que la mienne, qualifié de chanteur populaire et souvent inconnu près des jeunes, il à pourtant composé selon moi quelques chansons inoubliables comme "Les corons", son plus grand succès (1982), ou "Elle est d'ailleurs".

Porte drapeau des mineurs et du peuple du Nord (avec la chanson "Les corons") il à reçu un vibrant hommage samedi dernier avec la reprise de son tube phare par le stade de Lens !

Je vous propose de découvrir ou de re-découvrir l'une de ses plus belles chansons d'amour !

C'est un grand artiste qui nous quitte aujourd'hui après plus de 20 ans de carrière et de tubes !


Elle est d'ailleurs :

Elle a de ces lumières au fond des yeux
Qui rendent aveugles ou amoureux
Elle a des gestes de parfum
Qui rendent bête ou rendent chien
Et si lointaine dans son cœur
Pour moi c'est sûr, elle est d'ailleurs

Elle a de ces manières de ne rien dire
Qui parlent au bout des souvenirs
Cette manière de traverser
Quand elle s'en va chez le boucher
Quand elle arrive à ma hauteur
Pour moi c'est sûr, elle est d'ailleurs

Et moi je suis tombé en esclavage
De ce sourire, de ce visage
Et je lui dis emmène moi
Et moi je suis prêt à tous les sillages
Vers d'autres lieux, d'autres rivages
Mais elle passe et ne répond pas
Les mots pour elle sont sans valeur
Pour moi c'est sûr, elle est d'ailleurs

Elle a de ces longues mains de dentellière
A damner l'âme d'un Werner
Cette silhouette vénitienne
Quand elle se penche à ses persiennes
Ce geste je le sais par cœur
Pour moi c'est sûr, elle est d'ailleurs

Et moi je suis tombé en esclavage
De ce sourire, de ce visage
Et je lui dis emmène moi
Et moi je suis prêt à tous les sillages
Vers d'autres lieux, d'autres rivages
Mais elle passe et ne répond pas
L'amour pour elle est sans valeur
Pour moi c'est sûr, elle est d'ailleurs

Et moi je suis tombé en esclavage
De ce sourire, de ce visage
Et je lui dis emmène moi
Et moi je suis prêt à tous les sillages
Vers d'autres lieux, d'autres rivages
Mais elle passe et ne répond pas

Le déserteur

NOUVEAU !!! Ecoutez le Déserteur de Boris Vian !!!

Il y a 51 ans exactement (février 1954), Boris Vian écrit ce qui fut dans un premier temps un énorme scandale musical pour devenir par la suite l'une de ses chansons les plus connues !

Alors que la guerre d'Indochine faisait rage et que la défaite française se profilait (douze jours après le siège de Dien-Bien-Phû), alors que les cicatrices de la Seconde Guerre Mondiale n'étaient toujours pas refermées et que la décolonisation entamait son cycle de violence, un homme s'est élevé contre la haine des hommes. Cet homme c'est le poète, chanteur, écrivain et ingénieur, Boris Vian !

Avec des mots simples, et sur un air gravé dans la mémoire collective, Boris Vian dénonce les horreurs de ces "sales guerres" et appelle ouvertement à la désertion !

Dans un contexte particulier où l'Empire Français se lézardait de toutes parts et où le gouvernement tentait d'exacerber l'esprit national, cette chanson lança une immensse polémique et fut immédiatement censurée !

Je vous propose de redécouvrir cet air pacifiste et de vous demander si il est vraiment utile de se sacrifier pour des chefs qui n'iront jamais au combat et pour une Nation qui n'existe pas puisque nous sommes tous "citoyens du monde" !

A méditer ;)


Le déserteur :

Monsieur le Président
Je vous fais une lettre
Que vous lirez peut-être
Si vous avez le temps
Je viens de recevoir
Mes papiers militaires
Pour partir à la guerre
Avant mercredi soir
Monsieur le Président
Je ne veux pas la faire
Je ne suis pas sur terre
Pour tuer des pauvres gens
C'est pas pour vous fâcher
Il faut que je vous dise
Ma décision est prise
Je m'en vais déserter

Depuis que je suis né
J'ai vu mourir mon père
J'ai vu partir mes frères
Et pleurer mes enfants
Ma mère a tant souffert
Elle est dedans sa tombe
Et se moque des bombes
Et se moque des vers
Quand j'étais prisonnier
On m'a volé ma femme
On m'a volé mon âme
Et tout mon cher passé
Demain de bon matin
Je fermerai ma porte
Au nez des années mortes
J'irai sur les chemins

Je mendierai ma vie
Sur les routes de France
De Bretagne en Provence
Et je dirai aux gens:
Refusez d'obéir
Refusez de la faire
N'allez pas à la guerre
Refusez de partir
S'il faut donner son sang
Allez donner le vôtre
Vous êtes bon apôtre
Monsieur le Président
Si vous me poursuivez
Prévenez vos gendarmes
Que je n'aurai pas d'armes
Et qu'ils pourront tirer