27 juin 2005
Centième anniversaire de la mutinerie du cuirassé Potemkine !

Il y a exactement 100 ans, le 27 juin 1905, une mutinerie éclata sur le Potemkine, le joyau de la flotte de guerre du Tsar Nicolas II. Cet évènement révolutionnaire annonça la vague insurectionnelle de l'année 1905 et consacra enfin la logique marxiste de la lutte des classes au sein d'une Russie déchirée et affamée.
L'élément déclencheur de la vague de protestation populaire dans l'empire du Tsar fut le désastre militaire de la guerre russo-japonaise. L'empire Russe ridiculisé par le Japon (îlot quasi inconnu et nouveau-venu sur la scène diplomatique internationale) se fissurait de toutes parts. Dans tout le pays les grêves et les insurrections se multipliaient. Un vent de désertion soufflait au sein de la Marine Russe et les officiers avaient le plus grand mal à se faire respecter de leurs hommes.

Le 22 janvier 1905, à Saint-Pétersbourg, devant le Palais d'Hiver où réside Nicolas II, 100.000 grévistes manifestent pour plus de liberté à l'appel de religieux. Cette action pacifiste fut rapidement réprimée dans le sang sur l'ordre du Tsar qui perd alors la confiance de son peuple. C'est le début de la Révolution de 1905 !
D'autres mouvements variés et éphémères virent alors le jour : réunions illégales d'intellectuels, révoltes paysannes, grèves ouvrières… et puis le 27 juin 1905 la révolte à bord du Potemkine !!
Alors que ce dernier effectuait des exercices sur la mer Noire, au large du port d'Odessa, le cuirassé est ravitaillé en provisions. Les marins s'approchent de la nourriture et découvrent avec horreur et stupéfaction de la viande en putréfaction, puante et truffée de vers et d'asticots !
Depuis les défaites navales dans la Mer du Japon les soldats russes sont au bord de la mutinerie et sur le Potemkine c'est l'indignation !
Attiré par les vociférations des jeunes marins (pour la pluspart des paysans sans éducation, recrutés de force quelques mois plus tôt pour combler les effectifs creusés par la guerre), le médecin du bord s'approche et examine froidement la nourriture qu'il déclare comestible (sous réserve d'être simplement lavée avec du vinaigre) au milieu du brouhaha incessant !

Au moment du repas, les marins refusent de manger la viande servie par les cuisiniers. Outré le commandant du navire rassemble l'équipage du navire sur le pont et lance un appel aux volontaires qui acceptent de se plier aux règles militaires et de manger la nourriture servie sur le bâteau. Seuls quelques vétérans s'avancent par habitude mais l'immense majorité des marins reste de marbre ! Désavoué et sentant la rebellion se profiler le comandant se retire tout en annonçant que les marins n'auront rien d'autre à manger.
A bord du navire, un militant révolutionnaire du parti social-démocrate, Afatasy Matiouchenko, qui a reçu la consigne de préparer les marins à une insurrection générale dans la Mer noire, excite ses camarades et cherche l'affrontement avec les gardes du commandant !
A la suite d'un dérapage le second du navire tire sur l'un des contestataire et c'est l'explosion ! Les matelots réfractaires dévalisent l'armurerie et prennent le contrôle du bâtiment.
Les officiers tsaristes, le capîtaine, le second et le médecin vendu sont tués et jetés à la mer.
Les mutins du Potemkine hissent le drapeau rouge de la révolution prolétarienne sous les ordres de Matiouchenko.

En entrant dans le port d'Odessa le mardi 27 juin, les mutins fraternisent avec le peuple en lutte depuis déjà plusieurs jours contre le gouvernement tsariste et l'armée. L'arrivée du navire désormais sous les ordres du prolétariat ravive l'espoir dans les coeurs des grévistes d'Odessa sauvagement réprimés par la police et la cavalerie cosaque.
Le général Kokhanov, responsable de l'armée d'Odessa, en voyant le rassemblement du peuple révolté fait donner la charge et les cosaques massacrent des centaines de civils innocents, hommes, femmes, enfants. Consternés les marins du Potemkine décident de bombarder le quartier-général du général Kokhanov et de venger les centaines de victimes. Malheureusement le tir du cuirassé n'est pas assez puissant et Matiouchenko décide de quitter Odessa avant que les renforts tsaristes n'arrivent.

Après avoir tenté de libérer plusieurs flottes de l'emprise du Tsar, le Potemkine rentre au port roumain de Constantza et demande l'asile malgré les contestations de Matiouchenko qui souhaite continuer la lutte. Matiouchenko et ses hommes, accueillis en Roumanie, défient une dernière fois le Tsar en sabordant le mythique navire.
En 1907, le tsar Nicolas II promet une amnistie aux révolutionnaires de 1905. Les révoltés du Potemkine se méfient et restent en roumanie à l'exception de cinq d'entre eux (parmis lesquels Matiouchenko) qui rentrent en Russie. Revenant sur sa parole, Nicolas II envoie en Sibérie les quatre mutins et fait pendre le grand Matiouchenko à la frontière !
La mutinerie du Potemkine et les évènements révolutionnaires du Port d'Odessa ont annoncé la grande révolution prolétarienne de 1917. En se sacrifiant pour la lutte, les marins et les grévistes russes ont posé les jalons de la notion de la lutte des classes ("Marin ne tire pas sur un autre marin") et ont contribué à l'effondrement de la dictature tsariste !
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23 juin 2005
Il y a 157 ans ... la Révolution de 1848 !

Il y a 157 ans jour pour jour, éclatait à Paris le 23 Juin 1848 une des premières insurrection ouvrière. Cette révolution populaire organisée par des anarchistes, des idéalistes et des féministes sortis de prison (Barbès, Blanqui, Proudhon ...) secoua durant quatre mois pratiquement tout le territoire français et lança en Europe le "printemps des peuples".
En 1848, une série de révolutions embrase la pluspart des Etats d'Europe. Cette flambée de colère, à laquelle on a donné le nom évocateur de "printemps des peuples", a débuté en France. Les aspirations républicaines y rencontrent un désir de justice sociale, et l'émeute parisienne chasse le dernier roi français, Louis Philippe d'Orléans.

La République "une et indivisible" est proclamée à Paris le 24 février 1848. Le nouveau gouvernement hétéroclite (composé de modérés, de socialistes et d'ouvriers), où figurent notamment le poète Lamartine, va abolir l'esclavage, supprimer la peine de mort pour les prisonniers politiques, garantir la liberté de presse et de réunions et instaurer le suffrage universel. Enfin pour lutter contre le chômage, le nouveau gouvernement crée les "ateliers nationaux" qui emploient les inactifs à des travaux d'utilité publique.
Cependant en Avril 1848, c'est un coup d'arrêt pour le gouvernement révolutionnaire qui est désavoué dans les urnes. Le vote réactionnaire des campagnes porte au pouvoir des républicains modérés. Ils décident de revenir sur les décisions prises par le gouvernement populaire et supprime les ateliers nationaux qui emploient plus de 120 000 ouvriers. Cette décision est motivée par la peur des notables provinciaux d'y voir s'installer une agitation ouvrière.

Le 22 Juin 1848 (le lendemain de la fermeture des ateliers nationaux), les ouvriers tiennet meeting et défilent dans les rues de Paris.
Le 23, un grand rassemblement a lieu place de la Bastille, et la foule, venue des quartiers de l'Est, se lance dans les rues pour y dresser des barricades ! En une journée c'est plus de 400 barricades qui sont formés aux coeur de la capitale de Montmartre à la place du Trône, en passant par le val de Grâce et le cimetière du Père Lachaise. La Place de la Bastille devient le quartier général des révoltés !
L'Assemblée constitutante met alors paris en état de siège. Investi des pleins pouvoirs, le ministre de la Guerre, le général Cavaignac, mène la répression avec l'aide de la garde nationale et de la garde mobile. Celle-ci est terrible et ce sont plus de 5000 insurgés qui trouvent la mort sur les barricades !

Le 25 juin 1848, après deux jours de combats, le peuple révolté résiste encore à l'Est entre Bastille et Nation.
Le 26 juin 1848, le général Lamoricière prend d'assaut la barricade du faubourg saint Antoine ainsi que toutes celles qui suivent jusqu'au quartier général de la Place de la Bastille (65 au total!). La chute des dernières barricades populaires est suivie d'éxécutions sommaires et d'immenses rafles de suspects.
En trois jours de combats on relève plus de 5000 pertes chez les insurgés et quelques 2000 morts du côté des forces réactionnaires. 15 000 survivants de l'insurrection sont déportés sans jugement vers l'Algérie.
La défaite de l'insurrection populaire sonne le glas de la II République et l'avènement du prince Louis-Napoléon Bonaparte. Il faudra attendre 1871 et les évènements de la "Commune" pour espérer voir le peuple prendre enfin en main sa destinée et se venger de l'affront de 1848 !
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